COMPTE-RENDU | Oxy’Trail 23km

N’étant pas très excitée par le 10k Adidas, le mois dernier je cherchais une course à faire, avant ma pause habituelle en course à pied de Juillet . Je tombe sur une pub dans un magazine d’une course s’appelant l’Oxy’Trail. Il y a un 5km, un 13km et un 23km. Mes yeux se posent sur le 23km. J’étais allée au Semi de Nice en avril sans aucune préparation et ça s’était bien passé. En mai je retrouvais une meilleure forme. Je prends mon dossard sans vraiment me poser de question. C’est un trail plutôt facile, celui qui se trouve être le plus proche de Paris. Pour un premier trail, je le trouve idéal. Je voulais me sortir de ma zone de confort pour voir comment je me débrouille, surtout mentalement. Je sais que je ne suis pas prête physiquement, je fatigue automatiquement au 15ème kilomètre. Je voulais savoir ce qu’il se passe dans ma tête face à une situation inconnue et inconfortable.
Je fais quelques sorties longues durant le mois de juin, le 10k Adidas me laisse un très bon souvenir, je PB sans forcer. La dernière semaine avant ces 23km, je suis un peu fatiguée par un manque d’appétit, donc une perte de poids. L’acide hyaluronique dans mon genou ne fait plus vraiment d’effet et une chose dont je n’ai pas trop parlé, mon quatrième méta au pied droit est très sensible (le deuxième s’est cassé l’année dernière). La veille, je me rends difficilement compte de ce que je vais sans doute réaliser. En allant chercher mon dossard, les environnements semblent magnifiques. Je m’imagine en pleine nature pendant plus de 2h30 toute seule… Je suis très heureuse de faire cette course.

Jour J
Je passe la soirée à une fête électro. Je fais un tour en voiture et rentre chez moi à 1h du matin très détendue. Je mange une assiette de riz et m’endors tout de suite. Je me réveille à 5h40 ouille ! Je n’arrive pas à me rendormir et fini par me lever. Mon ventre est un peu en carton depuis une semaine. Je ne bois pas, juste un café. Mon amie arrive chez moi pour m’accompagner. On arrive à l’heure. Je commence à me détendre, l’ambiance est conviviale et familiale, rien à voir avec les courses sur route parisiennes. Je suis réellement très contente d’être là. Je ne pense pas trop au fait que je m’apprête à réaliser une distance jamais atteinte. Je veux juste profiter de cette chance. Pouvoir courir si longtemps, en forêt, autour de lacs, sur des petits chemins escarpés, sous un temps splendide.

Je m’élance. Les cinq premiers kilomètres sont laborieux. Nous sommes seulement 2000, pourtant il y a des embouteillages. A un moment ça n’avance plus du tout, attendant chacun notre tour pour passer une barrière. J’accélère de plus en plus ma vitesse de course. J’ai mal à la cheville gauche. Je n’ai pas l’habitude de courir sur un terrain qui ne soit pas plat. Mes baskets toutes lisses me trahissent plusieurs fois, mais je ne me ferais pas mal durant la course. Je profite du paysage. Je vois le neuvième kilomètre. Déjà ? Je passe le dixième kilomètre en 56′. Je suis bien. Ayant un gilet avec ma propre eau, je snobe tous les ravitaillements. Arrivée au 15ème kilomètre, on court sous le soleil depuis trop longtemps. Je l’ai déjà vérifié sur mes sorties longues. 15km est ma zone de limite. Ça m’énerve. On court sur de la paille. Il fait chaud. Je reprends du poil de la bête comme d’habitude, au 17ème kilomètre. Au 20ème j’ai de nouveau un coup de mou. Je n’ai pas réussi à manger mes ravitaillements. Je bois trop peu. Je passe les 21km sans émotions. Je suis épuisée mais je n’ai pas vraiment de problème pour avancer. Je double, je garde mon rythme. Je ne me serais pas arrêtée une seule fois et c’est la première fois que ça m’arrive sur une sortie de plus de 10km (feux rouges en ville, regarder son chemin etc).

On arrive dans les derniers 900m. Une montée en forêt. Mon ventre d’un coup est douloureux. J’ai sévèrement envie de vomir. Je me sens très mal. Je me mets à marcher. J’ai les larmes aux yeux. On me tape dans le dos. Des vêtements que je reconnais. Pendant le parcours, je l’ai aperçu. Il me dit « Je suis derrière toi depuis le début, allez courage, accompagne moi jusqu’à la fin ». Je me remets à courir un peu émue. Je me retiens de vomir. Je n’en peux plus mon corps est en train de me lâcher. D’autres coureurs se placent autour de moi pour m’encourager. Les derniers 200m sont atroces. J’accélère. Une pensée superficielle m’habite totalement : Je ne veux pas vomir devant tout le monde hahaha. Je fonce sous l’arche, me cache sur le côté et un filet d’eau violette (jus de raisin d’une de mes gourdes) me soulage instantanément. Mon amie est à côté d’un bénévole. Ils viennent me voir. Je suis soulagée de tomber sur elle directement. Il me demande si ça va. Ça va beaucoup mieux. Il me fait remarquer que je n’ai pas l’air d’être à ma première course mais que je ne suis vraiment pas bien remplumée. Une équipe de médecins vient me voir. On me fait remarquer que j’ai vomis à cause de l’acidité de mon estomac, que je n’ai pas bu assez d’eau. On me regarde plutôt inquiet et on me parle à nouveau de mon petit gabarit. Je suis plutôt grande mais frêle. J’ai beaucoup de mal à garder une bonne constitution physique en allongeant de plus en plus les distances :/

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Je rejoins mon amie « Tu m’as surprise ! Je t’attendais plus tard comme tu m’as dit ! » Avec le changement de parcours à cause des intempéries, je finis ces 24,1km en 2h19. Je ne pensais pas arriver avant 2h30. Pour un premier trail, je suis très contente. Je me prouve avec cette course que j’ai un réel potentiel.
Il y a un stand de cryothérapie. L’eau très froide me fait un bien fou et me détend tout de suite les muscles. J’essaierai de manger dans la journée mais ça ne sera pas une réussite.
En conclusion ? Mon genou m’a handicapé tout le long du parcours, mon méta je ne l’ai pas senti. J’ai eu les chevilles sensibles, j’ai trébuché plusieurs fois, je suis forte sur les montées mais j’ai peur en descente. Je n’arrive pas à manger, le jus de raisin est trop sucré pour moi et je ne bois quasiment pas. Je suis en bonne condition physique pour de la route, pas pour du trail. Mes jambes sont trop faibles. Je me déçois sur le dernier kilomètre. Mon but pour cette fin d’année est d’arrivée à être à l’aise sur 20km. Pour le moment je ne prends pas assez soin de ma santé et j’ai sans doute besoin d’une bonne remise en question.
J’ai eu des pensées négatives, surtout dans mon 15ème kilomètre. Mais jamais je ne me suis dit que je n’allais pas finir. J’ai de la volonté et je gagne en confiance à chaque mètre de parcouru. Ce qu’il me manque, c’est de la force musculaire.
Je conseille vivement cette course surtout si le trail vous est étranger. C’est une bonne mise en jambe 🙂 Beaucoup de femmes présentent, c’est tellement plaisant à voir. L’ambiance, l’organisation, la mise en scène, les ravitaillements, le village, c’est pour le moment ma course préféré.

Je tiens à remercier mon amie, Aurore, de m’accompagner sur toutes mes courses. Tu es vraiment adorable avec moi, toujours prévenante, tu as beaucoup de patience, n’étant pas du tout attirée par la course à pied c’est d’autant plus touchant. Sans toi, ma pratique de ce sport serait beaucoup plus triste. J’espère que tu m’accompagneras moi, mes rêves et ma spontanéité encore longtemps.

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7 réflexions sur “COMPTE-RENDU | Oxy’Trail 23km

  1. Aurore dit :

    De nouveau, bravo pour cette première expérience du trail 🎉😽

    Je serais toujours là pour t’encourager, t’attendre à l’arrivée et chose très importante, t’apporter des oranges 😁

    Manges plus, bois plus d’eau, renforces toi, et tu performeras sur ton marathon.

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  2. Cyril dit :

    Bravo Nino !
    C’est super cet esprit de solidarité entre coureurs.

    Pense à bien manger désormais, sinon le peuple subaru te destituera de ta couronne.

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  3. coeur2vampire dit :

    Il faut toujours un vilain petit canard …. Donc cette fois ce sera moi: un grand bravo pour avoir dépassé tes limites et une tape sur le bec pour t’être mise en danger et avoir failli rentrer en ambulance ! Oui, oui, oui, tu dois passer par la case « remise en question » et prendre plus soin de ta santé.
    Que deviendrait ton vampire préféré si tu n’avais plus que du mauvais sang à lui offrir ?

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